Le musée Gustave Moreau, expliqué
En bref : le musée Gustave Moreau est la maison-atelier du peintre symboliste, au 14 rue Catherine-de-La-Rochefoucauld (Paris 9e), laissée telle qu’il l’a organisée en 1895 : un appartement, deux grands ateliers reliés par un escalier en colimaçon et près de 14 000 œuvres. Comptez environ une heure à une heure et demie, tous les jours sauf le mardi. Les cas de gratuité sont sur la page billets, l’itinéraire pièce par pièce sur les œuvres à voir.
J’habite rue des Martyrs depuis 2009 et j’emmène des groupes au musée Gustave Moreau au moins une fois par mois. Voici ce que je dis à chaque fois avant de pousser la porte du 14 rue Catherine-de-La-Rochefoucauld, et ce que je réponds aux questions qui reviennent à la sortie.
Ce que c’est, au juste
C’est la maison où Gustave Moreau a vécu et travaillé à partir de 1852, quand ses parents ont acheté l’hôtel de la rue de La Rochefoucauld. En avril 1895, il demande à l’architecte Albert Lafon de la transformer en musée : l’immeuble est agrandi, surélevé d’un étage, et deux grands ateliers superposés sont reliés par un escalier en colimaçon. Par testament, le 10 septembre 1897, il lègue la maison et tout ce qu’elle contient à l’État, à condition que l’on conserve « ce caractère d’ensemble qui permet de constater toujours la somme de travail et d’efforts de l’artiste ». Il meurt le 18 avril 1898, l’État accepte le legs en 1902 et le musée ouvre le 14 janvier 1903, avec pour premier conservateur son ancien élève Georges Rouault. Je raconte tout cela plus longuement sur la page histoire de la maison-musée.
Pourquoi ce n’est pas un musée comme les autres
Parce que c’est un peintre qui a accroché lui-même ses tableaux, du sol au plafond, et que personne n’y a touché depuis. Près de 14 000 œuvres sont conservées ici : environ 1 200 peintures, dont beaucoup d’esquisses et de toiles inachevées, 350 aquarelles, plus de 13 000 dessins et 15 cires. Les dessins sont rangés dans des meubles à volets pivotants que Moreau a conçus lui-même, et on les feuillette debout, comme lui. Le musée reçoit autour de 40 000 visiteurs par an, là où les grands musées parisiens en comptent des millions. Concrètement, on est souvent seul dans l’atelier du troisième étage. Il faut aussi savoir ce qui manque : les cartels sont rares, il n’y a pas de café, et les étages se gagnent par l’escalier.

Quoi voir, et dans quel ordre
Je fais toujours le même parcours. Au rez-de-chaussée, six petites pièces sur jardin, dont le cabinet de réception restauré en 2003, avec des dessins et des copies d’après les maîtres italiens. Au premier, l’appartement, ouvert au public en 1991 : salle à manger, chambre, boudoir, cabinet-bibliothèque, un intérieur bourgeois du XIXe siècle resté à peu près intact. Puis le grand atelier du deuxième étage et, par l’escalier en colimaçon, l’atelier du troisième où sont accrochés les très grands formats. C’est là que sont Jupiter et Sémélé (1895), Les Chimères (1884), Le Retour des Argonautes (1891-1897), Les Licornes et la version peinte de L’Apparition. Je garde les meubles à dessins pour la fin, quand le groupe a compris ce qu’il regarde. La liste complète, avec les dates, est sur la page des œuvres à voir. Si vous cherchez Œdipe et le Sphinx, il est à New York, et Orphée, Galatée et Jason sont au musée d’Orsay.
Quand y aller, et combien de temps
Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10 h à 18 h, avec fermeture des salles un quart d’heure avant. Il ferme le 1er janvier, le 1er mai et le 25 décembre. Il n’y a pas de créneau obligatoire, on entre quand on veut. Comptez une heure à une heure et demie, deux heures si vous ouvrez les volets des dessins, ce que je recommande. L’entrée est gratuite le premier dimanche du mois, pour les moins de 18 ans et pour les 18-25 ans ressortissants de l’UE ; le reste du temps, le billet est l’un des moins chers de Paris, et il donne droit à un tarif réduit dans cinq autres musées, dont Orsay et le Palais Garnier. Le détail est sur la page billets. Le matin en semaine est le moment le plus calme, mais honnêtement, il n’y a jamais foule.
Comment le combiner avec Orsay, Garnier ou Montmartre
Le musée occupe une matinée, pas une journée. Trois suites me paraissent logiques. La première : la ligne 12 jusqu’à Solférino et le musée d’Orsay, où sont accrochées les grandes toiles de Moreau que vous n’aurez pas vues rue de La Rochefoucauld ; une visite guidée d’Orsay l’après-midi fait une journée cohérente, du symbolisme à l’impressionnisme. La deuxième : dix à douze minutes à pied vers le sud jusqu’au Palais Garnier, dont le décor doré parle la même langue que les ateliers de Moreau. La troisième : remonter par Pigalle vers Montmartre, vingt à vingt-cinq minutes de côte. Si vous enchaînez plusieurs grands musées sur deux jours ou plus, le Paris Museum Pass inclut le musée Moreau avec plus de soixante autres sites ; sinon, le billet du musée suffit.
Qui devrait passer son chemin
Quelqu’un qui veut des explications à chaque tableau, car les cartels ne les donnent pas et il n’y a pas d’audioguide. Quelqu’un qui ne peut pas monter deux ou trois volées d’escaliers. Quelqu’un qui n’a que deux jours à Paris et n’a encore vu ni le Louvre ni Orsay. Pour tous les autres, et surtout pour ceux qui ont déjà fait les grands musées et cherchent un endroit où l’on entend ses pas, c’est le musée que je conseille en premier dans le 9e. Mon avis détaillé est sur la page vaut-il la visite.
Prêt à organiser la journée ?
Le musée lui-même se visite sans réservation. Ce qui se réserve, c’est le reste de la journée : le Paris Museum Pass, qui inclut le musée, une visite guidée d’Orsay où pendent ses grandes toiles, ou le Palais Garnier à dix minutes à pied.
Questions fréquentes
Faut-il réserver pour visiter le musée Gustave Moreau ?
Non. Le musée n’impose pas de créneau horaire et il est rarement bondé : on achète son billet à la porte ou sur le site officiel. Les horaires sont les mêmes toute l’année, fermeture le mardi.
Par quoi commencer une fois sur place ?
Par le rez-de-chaussée et le cabinet de réception, puis l’appartement du premier étage, avant de monter dans les deux ateliers. Le détail du parcours est sur la page les œuvres à voir.
Que combiner avec le musée dans la même journée ?
Le musée d’Orsay, où sont accrochés Orphée, Galatée et Jason, le Palais Garnier à dix minutes à pied, ou Montmartre en remontant par Pigalle. Nos visites comparées détaillent chaque option, et la page durée de la visite propose des enchaînements.